Mêlant les influences qui ont jalonné leur parcours, les quatre musiciens de Polifonic System réinventent le balèti traditionnel. Ils puisent dans la culture occitane ses chants et rythmes, mais redessiné par un quatuor de personnalités bigarrées aux parcours artistiques divers. Les voix et instruments de Polifonic System s’agrègent dans un espace sonore haut en couleur, hétéroclite et peu conventionnel !

Du nouveau dans Polifonic System ! 

Après 7 ans de régalade et un disque sismique, Henri Maquet et Clément Gauthier prennent le large pour voguer vers leurs projets personnels. (Delta Sònic, Butor Stellaris)

Ils laissent le chant libre à deux nouvelles voix: Damien Toumi d’Avignon, compagnon de route du Lamparo et chanteur émérite du groupe Tant que li siam, et Clément Gleyze animateur des nuits surchauffées de l’invention languedocienne, émérite lui aussi dans Forró Raffut et Du Bartàs.

Ainsi recomposé, le Polifonic System repart sur la linha Imaginòt dispenser les remèdes salvateurs de l’allégresse et du « jòi » panoccitan.

Quatre bouches pour danser !

La joie, le burlesque, la galéjade, l’extravagance, l’estrambòrd* et quelques autres génies bien endurants accompagnent l’album « Totem sismic » à son éclosion. Forgé patiemment par 4 vocalistes hors pair, il rythme le monde de toutes les inspirations que des générations de danseurs lui ont transmises : danses archaïques, danses cathartiques, danses collectives ou solitaires, célestes ou telluriques, c’est à cette célébration étourdissante que POLIFONIC SYSTEM nous conduit.

Ils ont tiré leur répertoire commun des vieux chants à danser occitans, de ceux qu’on entonnait rageusement quand l’argent faisait défaut pour payer « la musique ».

Pour se les approprier, POLIFONIC SYSTEM les tord jusqu’à en extraire l’essence enivrante et dansante. Et, immergées dans le pressoir de ces inventeurs du quotidien, les danses se révèlent aussi inattendues qu’intemporelles : une valse peut devenir un slow saturé, une farandole se transforme en transe extatique, un funk langoureux et gras envahit les ronds et les rigodons, quand une profusion électronique vient sublimer la bourrée ou la polka.

Les voix aussi s’inspirent d’influences déroutantes. Puisant dans les grands genres du chant à danser, nos quatre chanteurs ont détourné le système des question/réponses en l’harmonisant, et en imaginant le cas, jamais évoqué jusqu’ici, où il n’y aurait pas de réponse aux questions !

Ils ont respectueusement intitulé « GOADEC SYSTEM » ce détournement iconoclaste, en hommage au regretté trio breton (les sœurs Goadec) qui avait popularisé le Kan a Diskan ou chant à répondre, et les chanteurs de POLIFONIC SYSTEM l’ont appliqué avec bonheur à presque toutes les chansons du « Totem sismic ». Cette tectonique mouvante, picaresque, où la Bretagne chatouille les reliefs capricieux des Pays d’Òc, est traversée par un instrumentarium minimaliste aux sonorités inattendues : les flûtes doubles, les chalumeaux, la chabrette et le guitarron répondent aux voix avec la ferveur obsessionnelle et humoristique d’une rencontre fortuite mais concluante !

* estrambòrd : enthousiasme collectif jouissif en Provençal

Durée : 1h30

Effectif : 4 chanteurs/musiciens ; 1 technicien

Crédit photographe : Marge Galvez

Interprètes: 

C’est en Italie et en Bulgarie que Manu Théron se découvre chanteur, par la fréquentation assidûe de musiciens traditionnels. Décidé dès lors à ré-ancrer le chant occitan dans son horizon méditerranéen, il fonde Gacha Empega puis Lo Còr de la Plana, imaginant pour la polyphonie un rôle de ré-appropriation au service d’une culture occitane renouvelée. C’est ce qu’il s’attache à promouvoir dans de nombreux projets, sur scène ou dans ses enseignements. Il sème depuis plus de 20 ans le grain de folie qui transforme un pays en chants, parcourt en tous sens les pays d’Òc pour en exalter la voix, en schizophrène assagi il a réussi à faire chanter ensemble toutes les voix qu’il entend, il chante et joue bendir et tambourins dans Polifonic System. 

Jean-Marc Enjalbert, alias Ange B., est un chanteur et beat-boxer, co-fondateur du groupe Fabulous Trobadors avec Claude Sicre en 1987. Il est aussi à l’origine du projet Bouducon Production en 1992, un des premiers disques de rap en France et le premier comportant de l’occitan. Toujours basé à Toulouse, il est aujourd’hui réalisateur (Lo Còr de la Plana, Femmouses T.) et beat-maker. Le souffleur d’horizons le plus connu de Toulouse et d’Ali Bernard, fabuleux trouveur de sons, l’univers s’est fait l’oreille au bruit de ses lèvres ! Ange B,aux machines et au beat box dans Polifonic System, manie l’électronique et les effets avec la souplesse tranquille d’un parler familier, il boucle et défrise le monde entier dans son micro de beat boxeur depuis Fabulous Trobadors jusqu’à C’est Nous (avec Rita Macedo).  

Musicien autodidacte touche-à-tout, Clément Gleyze se nourrit d’influence Jazz et swing manouche dès son plus jeune âge. Rattrapé par les musiques traditionnelles il deviendra par la suite haut-boiste dans la formation Grail’Òli et joue dans plusieurs groupes de bal trad ( la brèche / duo banjo / trinocle ). Il rejoint le groupe Du Bartàs en 2017 au chant, violon et banjo, et joue dans Little Guinguette ( swing des années 20 ) ainsi qu’au sein de Raffut ( anciennement Forró Raffut) à la guitare et au saxophone.  

Méditerranéen entre deux terres, deux cultures, cet aspect métissé de l’identité de Damien Toumi influence grandement son parcours, chacun de ses voyages en Méditerranée est l’occasion de ramener dans ses bagages une langue nouvelle, qu’il se plaît à parler ou chanter. Amoureux d’accents et de dialectes, sa rencontre avec la langue et la culture occitane fait écho à une vision de l’humain citoyen, où cultures, langues et musiques s’échangent volontiers …

PRESSE

En vingt ans, le prolifique Manu Théron a fait émerger à Marseille une scène polyphonique occitane innovante, ouverte aux colportages et prompte à toutes les impertinences. Retrouver ce trublion du souffle embarqué dans une aventure aussi piquante que celle de Polifonic System n’est donc pas une surprise. Il y mène le bal en toute liberté; avec le beatboxeur toulousain Ange B, fondateur des Fabulous Trobadors, ainsi que l’Arlésien Henri Maquet et le Cévenol Clément Gauthier, deux musiciens capables de tirer des instruments les plus rudimentaires (cornemuse-charrette, clarinette-chalumeau à double anche, guitarrón) des sonorités bien urbaines. Leur terrain de jeu ? Les vieux chants à danser occitans, que ces esprits joueurs concassent joyeusement sur leur dance-floor méridional, les bouches en choeur et le coeur en jambes. On y danse le rigodon façon Daft Punk, en chantant « Ah, ça ira, ça ira », ou une frondeuse polka du Pôle Emploi, en agitant l’épouvantail du RSA. Entre l’humour et la transe, qui transpire tantôt sur un tambour africain, tantôt dans le miaulement chamanisme d’une mélopée mongole, cette musique de baloche technnoïde a du style et du punch.

– Télérama – Anne Berthod

Farfelus, indociles, libres, voire polissons (Rigodon dei bocas, où la belle Mireille a les yeux qui s’ensoleillent quand on prend sa bouche), ces chants et airs à danser occitans invitent à la farandole et à la valse, délient les langues et les corps. Accompagnée de flûtes, cornemuse ou percussions, la polyphonie exubérante à quatre voix de Manu Théron (Lo Còr de la Plana), Henri Maquet (également poly-instrumentiste), Clément Gauthier (joueur de chabrette, la cornemuse du Limousin) et du beat-boxer Ange B. (Fabulous Trobadors) puise dans les répertoires populaires des pays d’Oc et bifurque vers d’autres influences, détournées et réinventées avec brio, tel le kan ha diskan, le chant à répondre (et à danser) de Basse Bretagne. Créatif, énergique et débordant d’une joie salutaire.

– Le Monde – Patrick Labesse